«J'ai passé les dernières semaines à Capanema et mené de nombreuses réunions et réunions de crise sur le thème de l'endosulfan. Les collaborateurs de gebana Brasil et les agriculteurs biologiques se réjouissent beaucoup du succès de la campagne CHEGA!. Ils ont du mal à croire que des personnes du monde entier se solidarisent avec leur lutte contre le pesticide endosulfan. Ils ont l'habitude d'être pris en compte en dernier.
Il y a les premières évolutions positives, comme l'interdiction prononcée par les autorités brésiliennes à partir de 2013 - seulement cela arrive trop tard pour les agriculteurs de Capanema. Le fait que Bayer Cropscience ait retiré son produit Thiodan du marché (en août les stocks restants ont été récupérés chez la coopérative locale Coagro) est aussi une étape importante. Il est très réjouissant que l'autorité d'homologation ANVISA ait une oreille attentive à notre demande. Ainsi nous atteignons avec notre revendication les bons interlocuteurs.
Mais le problème de l'endosulfan n'est pas encore résolu pour les agriculteurs biologiques. Malheureusement il existe toujours des fournisseurs d'endosulfan - d'Israël, d'Inde et du Brésil lui‑même. Les points de vente locaux de pesticides achètent déjà pour les semis à venir - y compris de l'endosulfan en grande quantité. Comme redouté, le poison est encore offert à moindre prix - probablement à cause de l'interdiction à partir de 2013. Comme les paysans de Capanema sont pauvres, le prix les incitera aussi à traiter la prochaine récolte. Leurs voisins qui cultivent en bio seront à nouveau lésés.
C'est pourquoi nous essaierons de freiner les ventes d'endosulfan en informant les vendeurs locaux des problèmes liés à l'utilisation d'endosulfan. Nous leur rappellerons aussi les conditions légales selon lesquelles ils sont obligés d'obtenir des agriculteurs une déclaration prouvant qu'ils ont reçu une formation suffisante et qu'ils sont conscients de la dangerosité du produit. Cela ne fait - contrairement aux affirmations des fabricants - personne. Cela pourrait être un moyen de mettre la pression sur les vendeurs et les fabricants.
Qu'est‑il advenu des marchandises de la récolte 2010 ? Le chaos concernant la question de savoir si la marchandise est biologique a pu maintenant (après six mois !) être largement clarifié par les autorités et les organismes de contrôle : si les valeurs sont supérieures à 0,01 ppm, il faut vérifier si un agriculteur a appliqué lui‑même de l'endosulfan et s'il a fait tout son possible pour empêcher des dérives depuis le voisin. Après ces vérifications laborieuses (pour chacun des plus de 300 agriculteurs !) la marchandise est, selon le constat, autorisée à la vente comme bio. Certes, les clients de soja alimentaire ne veulent toujours pas de soja avec des résidus. Il faudra donc probablement la vendre comme soja fourrager. Les pertes qui en résultent sont énormes. Il est donc aussi de mon ressort de parler aux bailleurs de fonds, de rassurer les banques et d'élaborer des plans de redressement.
La situation engendre un sentiment d'impuissance et de colère. Les fabricants de pesticides sans scrupules vendent de l'endosulfan dans les coins les plus pauvres du monde, alors que depuis 20 ans on sait combien ce poison est nocif. Le système bureaucratique du contrôle bio et des autorités rend presque impossible la culture biologique pour les petits agriculteurs. Si les agriculteurs signalent le problème des résidus, ils sont contrôlés encore plus sévèrement. En raison d'influences extérieures inévitables, les agriculteurs bio doivent donc dépenser des sommes considérables pour prouver une culture correcte, bien qu'ils aient déjà été contrôlés. Pour un agriculteur avec 1 ha de soja, les coûts des organismes de contrôle et des analyses représentent 30 % de la valeur du rendement ! Et enfin on exige d'eux qu'ils abandonnent de grandes zones de leurs petites parcelles pour augmenter la distance par rapport aux voisins - alors que dans le cas de l'endosulfan il est prouvé que cela ne sert à rien.
Et les consommateurs, pour lesquels tout ce travail est finalement réalisé ? Je suis sûr que 95 % comme nous pensent qu'il est plus important que, grâce aux agriculteurs bio de Capanema, chaque année moins d'endosulfan hautement toxique soit déversé dans l'environnement (environ 500 kg de substance active/an), que le soja bio n'ait aucune trace d'endosulfan, traces qui sont vingt fois inférieures à la limite pour les denrées alimentaires. Je suis convaincu qu'ils soutiennent l'agriculture biologique à Capanema et la lutte des agriculteurs bio contre l'endosulfan. »