8. mars 2022
2e partie : le chemin semé d’embûches vers un chocolat plus équitable
70 pour cent de l’offre mondiale de cacao provient d’Afrique de l’Ouest. La majeure partie de ce cacao est produite par des millions de familles productrices sur des petites parcelles et avec des rendements bas. Les producteurs et productrices de cacao avec lesquels nous travaillons au Togo exploitent ainsi en moyenne 1,5 hectare de terres et affichent des rendements d’à peine 400 kilos par hectare. Au vu des prix pratiqués actuellement pour le cacao – même dans la filière équitable – ces conditions ne permettent pas aux familles d’atteindre un revenu vital.
C’est la raison pour laquelle des organisations telles que Fairtrade International et Max Havelaar Suisse ont présenté récemment le Fairtrade Living Income Reference Price (prix de référence Fairtrade pour un revenu vital). Il s’agit d’un prix de référence qui permettrait aux familles d’agriculteurs et d’agricultrices de gagner suffisamment pour subvenir à leurs besoins.
Mais même si tous les acteurs du marché se mettaient d’accord pour payer ce prix, cela ne serait pas suffisant. En effet, ce prix de référence se base sur une surface cultivable de 4 hectares par famille et un rendement allant jusqu’à 800 kilos par hectare. Pour nos partenaires au Togo et la plupart des familles productrices en Afrique de l’Ouest, ces prérequis ne sont pas réalistes.
Selon nos calculs, il faudrait payer le cacao quasiment le double du prix du marché actuel pour pouvoir véritablement améliorer la situation pour les familles productrices. Le problème : aucun grossiste n’achèterait un cacao aussi cher.
Vous payez le prix juste mais...
En 2021, nous avons étendu le modèle gebana aux familles productrices qui nous fournissent en cacao. Cela signifie qu’elles reçoivent, en plus du prix d’achat bio et équitable, 10 pour cent de notre chiffre d’affaires généré par la vente de chocolat. En théorie, cela revient finalement à leur payer le double du prix du marché.
Pourquoi seulement en théorie ? Nous achetons chaque année plusieurs centaines de tonnes de cacao auprès de plus de 500 familles productrices certifiées bio au Togo. Mais seule une infime partie de ce cacao est transformée en chocolat, que nous vendons ensuite via notre boutique en ligne. Le reste du cacao est vendu au commerce de gros. La participation au chiffre d’affaires est tout de même reversée à l’ensemble des familles, et non seulement à un groupe sélectionné. En 2021, cette participation a ainsi représenté à peine 40 francs suisses par famille. À titre de comparaison : le salaire minimum au Togo s’élève actuellement à 56 francs suisses par mois. Le modèle gebana n’a donc ici guère plus d’effet qu’une goutte d’eau dans l’océan.
Sie zahlen den richtigen Preis, aber ...
Im Jahr 2021 haben wir die Bauernfamilien, die uns mit Kakao beliefern, in unser gebana Modell aufgenommen. Das bedeutet, dass sie zusätzlich zum Bio- und Fair-Trade-Preis 10 Prozent unseres Schokoladenumsatzes bekommen. Unter dem Strich zahlen wir ihnen so theoretisch den zweifachen Marktpreis.
Warum nur theoretisch? Wir kaufen pro Jahr mehrere hundert Tonnen Kakao von über 500 bio-zertifizierten Bauernfamilien in Togo ein. Wir verarbeiten aber nur einen Bruchteil dieses Kakaos zu Schokolade, die wir über unseren Online-Shop verkaufen. Den restlichen Kakao setzen wir im Grosshandel ab. Die Umsatzbeteiligung zahlen wir trotzdem an alle Familien aus und nicht nur einer ausgewählten Gruppe. 2021 kamen deshalb pro Familie nur etwa 40 Franken zusammen. Zum Vergleich: Der nationale Mindestlohn in Togo liegt derzeit bei rund 56 Franken pro Monat. Das gebana Modell ist in Togo also kaum mehr als ein Tropfen auf den heissen Stein.
Wir sind abhängig vom Grosshandel
Damit wir mit dem gebana Modell in Togo wirklich etwas bewirken können, müssen wir also viel mehr Schokolade verkaufen. Oder den Grosshandel miteinbeziehen. Im Januar haben wir deshalb unsere Grosskunden an den Tisch geholt und ihnen erklärt, dass unsere Bio- und Fair-Trade-Preise nicht existenzsichernd sind. Nicht für die togolesischen Bauernfamilien mit ihren 1.5 Hektar Land und 400 Kilo Ertrag pro Hektar. Wir forderten die Grosskunden deshalb auf, schrittweise höhere Preise zu zahlen. Wir geben jeden Rappen dieser Preiserhöhung vollständig an die Bauernfamilien weiter.
Gemeinsam wollen wir so auf die Probleme im Kakaohandel aufmerksam machen und einen Preis erreichen, der auch bei kleinen Anbauflächen und kleinen Erträgen ein existenzsicherndes Einkommen ermöglicht. Wenn es uns dabei gelingt, weitere Akteure im Markt auf unseren Weg zu bringen, wäre das eine Pionierleistung. Eine, die das Leben von hunderten Bauernfamilien verändert und vielleicht eines Tages eine Referenz wird.