10. août 2018
Durabilité en chiffres 2017
*Produit intérieur brut : classement dans la liste du Fonds monétaire international 2017
**Difficultés à créer une entreprise : classement dans l'indice « Ease of doing business » de la Banque mondiale 2017
***Encore incertain pour les ouvrières payées au kg
Au cours du dernier exercice, l'accent sur la durabilité chez gebana a porté sur le salaire minimum : tous les collaborateurs de gebana ont un emploi formel et bénéficient des prestations sociales légales. Les salaires les plus bas chez gebana se situent entre 6 % et 49 % au-dessus du salaire minimum national. Il existe toutefois une limitation : les ouvrières dans la transformation des noix de cajou sont rémunérées au kg, et peuvent décider du nombre d'heures qu'elles souhaitent travailler. Nous avons, lors d'une analyse pour vérifier si les salaires mensuels sont atteints aussi dans ce secteur, constaté d'énormes différences entre les employé·e·s. Depuis le début de la nouvelle récolte, nous nous posons donc deux questions : quelle est la raison de ces grandes disparités et le salaire minimum est-il atteint aussi à l'heure ?
Cependant, le salaire minimum n'est que la première étape vers un revenu décent. C'est pourquoi nous comparons également les salaires au soi‑disant salaire d'existence, déterminé par des organisations indépendantes. Alors que nos salaires moyens dépassent partout nettement le salaire d'existence, ce n'est pas encore le cas pour les salaires les plus faibles. Au Brésil nous n'atteignons que 90 %, au Burkina Faso 86 % du salaire d'existence. Pourquoi est‑il si difficile de payer au moins ces salaires d'existence déjà bas ? Pourquoi aucun transformateur connu de nous, et encore moins des coopératives ou associations de paysans, ne les verse, pas même des structures certifiées Max Havelaar ou d'autres labels, et pas non plus gebana ?
Particulièrement en milieu rural, on n'atteint souvent même pas le salaire minimum. Et pourtant, la différence de prix permettant de financer un salaire d'existence ne serait au maximum que d'1 franc par kg de produit fini ! La raison tient à la précarité : un très grand nombre de personnes postulent même pour des emplois très mal rémunérés. Dans les petites entreprises qui sèchent les mangues, par exemple, il arrive que, malgré les salaires les plus bas, des connaissances des responsables soient engagées au lieu d'ouvrières plus compétentes.
Là où le travail manuel en Afrique est en concurrence avec des ouvrières plus efficaces ou des machines en Asie, il est risqué pour les coopératives paysannes ou les entreprises d'améliorer les conditions de travail. L'exemple de la noix de cajou illustre bien le dilemme : l'écart d'efficacité entre l'Asie et l'Afrique est aujourd'hui d'environ 2 francs par kg de noix de cajou transformées. Pour cette raison, il est rentable d'exporter les noix ouest‑africaines à casser vers le Vietnam – avec des conséquences dévastatrices, lisez ici.
Le sujet des salaires minimums continuera donc de nous préoccuper. L'objectif est d'augmenter progressivement tous les salaires au moins jusqu'au minimum d'existence.
Autres étapes importantes dans le domaine de la durabilité au cours de l’exercice écoulé :
- Institution de notre vision et de nos principes, plaçant au centre les principes sociaux et écologiques.
- Mise en place d’un conseil client : Celui-ci a pour mission importante d’apporter un regard externe sur notre travail et de nous soutenir dans les questions d’évaluation et de priorités.
- Soutien à l’Initiative sur la responsabilité des entreprises (qui exige que les entreprises suisses respectent les droits humains à l’étranger et puissent en être tenues responsables) : Son adoption et sa mise en œuvre contribueraient davantage à la réalisation de notre vision — transformer le commerce en faveur des agriculteurs, des communautés locales et de l’environnement — que notre chiffre d’affaires. C’est pourquoi nous nous engageons en tant qu’entreprise en faveur de l’initiative et apportons, grâce à notre expérience dans le Sud, une contribution aux débats.
- Collaboration avec Niels Jungbluth, un expert reconnu possédant une grande expérience dans le domaine de l’analyse du cycle de vie. Avec lui, nous examinons l’ensemble de nos chaînes d’approvisionnement et les évaluons d’une part selon leur impact sur l’environnement, et d’autre part selon notre influence sur les différentes zones et processus. L’objectif est de renforcer nettement notre impact sur le terrain et de le rendre plus facilement compréhensible.