Le 19 octobre 1973, les femmes bananières sont descendues dans la rue à Frauenfeld et ont demandé aux passantes et passants : Avez-vous déjà réfléchi à pourquoi les bananes sont si bon marché ? Saisie par de telles questions critiques, le mouvement Fair Trade est né en Suisse dans les années qui ont suivi. Il est indéniable que beaucoup de choses ont changé depuis : le commerce équitable est devenu un concept connu et des produits issus du commerce équitable ont fait leur apparition dans les rayons des supermarchés.
Mais le commerce est-il pour autant devenu vraiment « plus juste » ? Grâce aux standards du commerce équitable, les paysan·ne·s et les travailleur·se·s gagnent aujourd’hui davantage qu’à l’époque, mais leur situation ne s’est guère améliorée de façon significative. Ce sont surtout les grandes entreprises agroalimentaires et les distributeurs qui profitent du commerce équitable. Ils conservent de loin la plus grande part du surplus de prix que le client paie pour le Fair Trade au sein de leur propre société.
C’est pourquoi gebana appelle, dans une lettre ouverte, les supermarchés et les grandes entreprises à en faire davantage et à manifester un véritable engagement en faveur d’une plus grande justice :
- L’équité doit être un principe de l’ensemble de l’entreprise et pas seulement un label apposé sur un produit !
- Plus on gagne avec des produits issus du commerce équitable, plus les producteurs doivent en retirer des bénéfices en termes de participation, de répartition des gains et d’investissements !
Lors de l’événement du 18 octobre 2013, gebana, terrafair et les femmes bananières ont invité les passantes et passants à Frauenfeld à discuter des acquis du commerce équitable, des revendications pour une plus grande implication des grandes entreprises et des possibilités de mise en œuvre de ces revendications.
La Bananenzeitung 2013 contient des extraits du Bananenzeitung original de 1973 ainsi que la lettre ouverte et les revendications. Faites-nous part de votre avis à ce sujet. Vous pouvez également télécharger la lettre ouverte séparément en allemand ou en français. Si vous souhaitez recevoir un ou plusieurs exemplaires de la Bananenzeitung 2013, contactez-nous à [email protected].