3. novembre 2014
Crise politique au Burkina Faso
Cependant, gebana Afrique est entre-temps confrontée à de grandes incertitudes. Depuis hier matin la production est à l'arrêt, toutes les ouvrières de la transformation de la noix de cajou ont été renvoyées chez elles. « Comme nous ne sommes pas politiquement impliqués avec les régimes et que nos bâtiments sont à l'écart du centre et des grands tumults, nous n'avions pas de craintes pour gebana Afrique », explique Dave Heubi, « mais dans cette situation d'urgence, il est compréhensible que chacun veuille être auprès de sa famille. » On attend maintenant à Bobo Dioulasso de voir comment la situation sera lundi.
Les troubles entraîneront en tout cas des retards à l'exportation : quand les douanes et le chemin de fer fonctionneront de nouveau, personne ne le sait. La plus grande inquiétude de Dave Heubi est toutefois actuellement l'accès à l'argent liquide : « Quand les banques rouvriront-elles pour que nous puissions payer les salaires et les fournisseurs ? »
Une autre inquiétude concerne un employé de gebana qui s'était engagé personnellement en politique locale pour le parti présidentiel. Comme les maisons de plusieurs députés de l'— désormais ancien — parti au pouvoir ont été pillées par des manifestants en colère, il a, par précaution, mis sa famille et lui-même en sécurité à l'étranger.
Personne ne peut à ce stade dire comment la situation politique au Burkina Faso va évoluer. « Le général qui veut prendre le pouvoir par intérim est rejeté par les manifestants comme un ‘général-marionnette’ », commente Dave Heubi sur les événements actuels. La population est d'une part soulagée par la démission de Compaoré, et d'autre part inquiétée par les militaires.
On peut espérer que les développements actuels au Burkina Faso constituent des pas vers plus de démocratie et que la normalité reviendra au pays le plus rapidement possible. Bon courage, Burkina !
CONTEXTE
Après de vives protestations et l’incendie du bâtiment du Parlement, le Parlement burkinabè a été dissous hier. L’armée a annoncé hier soir qu’elle installerait un gouvernement de transition, peu après le président Blaise Compaoré a déclaré qu’il en présiderait lui-même jusqu’à la fin de son mandat en 2015. Encore ce matin, Dave Heubi a déclaré : « La situation est confuse : qui détient le pouvoir ? »
L’origine des troubles qui secouent le Burkina Faso depuis le début de la semaine et ont abouti aujourd’hui à la démission du président résidait dans son projet de faire approuver par le Parlement, par une modification de la constitution, une nouvelle prolongation de sa présidence déjà longue de 27 ans.