14. août 2013
Meilleure mangue, moins d'énergie
Cela a donné à Akos Lukacs l’idée de non seulement changer les sources d’énergie, mais aussi de repenser la technologie de séchage. Les pompes à chaleur économes en énergie avaient fait leurs preuves en Suisse, pourquoi ne rendraient-elles pas aussi de bons services en Afrique ?
Gebana s’intéressait à la collaboration sur ce projet pilote non seulement pour les économies d’énergie, mais surtout parce que la nouvelle technologie devait produire une meilleure qualité de fruits secs : grâce à un séchage moins chaud, les morceaux de fruit sont déshydratés en douceur, offrant plus de goût, une couleur plus belle et une texture plus tendre.
Mais avant de commencer la planification d’un séchoir à pompe à chaleur, Akos Lukacs s’est rendu au Burkina Faso pour se faire une idée des connaissances locales. « Notre objectif était de développer une installation modèle pouvant être reproduite sur place et ainsi se diffuser », explique Akos Lukacs, décrivant le transfert de savoir-faire et de technologie, qui constitue un objectif important du projet. Après tout, la technique suisse devait être adaptée à l’environnement extrême de la zone équatoriale, avec des températures et une humidité élevées.
Après une longue phase de tests et de résolutions de problèmes, les premières mangues ont pu être séchées dans le nouveau four ce début d’été. Comme un seul four est actuellement disponible, les quantités produites de mangue premium sont pour l’instant limitées. Un second four à pompe à chaleur est toutefois déjà en projet et devrait être installé cet automne. Lorsque Akos Lukacs se rendra au Burkina Faso pour cette installation, il sera accompagné d’un spécialiste suisse en frigorifique qui formera pour la première fois les techniciens locaux.
Dans une prochaine étape du projet, l’approvisionnement en énergie devra devenir plus durable. Déjà, en passant à l’électricité, les émissions de CO2 ont pu être réduites de moitié par rapport aux fours conventionnels. Grâce aux énergies renouvelables, l’alimentation devra à terme devenir indépendante du réseau électrique coûteux et peu fiable du Burkina Faso. À cet effet, l’utilisation du photovoltaïque est prévue d’une part, et d’autre part deux projets sont en cours en coopération avec d’autres partenaires : l’un travaille sur la production de biogaz à partir des déchets de mangue, l’autre sur la valorisation des coques de noix de cajou et l’utilisation de la chaleur résiduelle générée.
Même pour l’approvisionnement en énergie, l’idée de l’installation modèle est au premier plan. N’utiliseront que des technologies accessibles et abordables sur place et maîtrisables par des techniciens locaux. Car ici aussi : l’imitation est souhaitée ! C’est pourquoi Akos Lukacs vérifie à chacun de ses voyages au Burkina Faso si l’intérêt local pour la technologie venue de Suisse est toujours présent, car il est convaincu : « Sans intérêt, la meilleure idée n’ira pas plus loin. »
Akos Lukacs est ingénieur mécanicien et responsable depuis six ans des projets de coopération au développement au sein de l Ökozentrum Langenbruck. Le projet de séchoirs à pompe à chaleur et d d approvisionnement énergétique durable avec gebana Afrique a démarré en 2010
Comment ça marche
Contrairement aux fours traditionnels fonctionnant au gaz, le séchoir à pompe à chaleur possède un circuit d'air fermé. L'air dans le séchoir est d'abord chauffé et absorbe ainsi l'humidité des tranches de mangue fraîches. Ensuite, l'air est refroidi sur une surface froide, l'humidité précédemment absorbée condense et est évacuée. Puis le même air est à nouveau chauffé et le cycle recommence.
La pompe à chaleur utilise la chaleur de l'environnement pour chauffer et fonctionne donc de manière particulièrement économe en ressources : par rapport à un four électrique produisant le même effet thermique, elle permet d'économiser 80 % d'énergie. Un autre avantage : l'air est chauffé moins fortement et sèche donc les fruits de manière plus douce.