30. octobre 2014
Oranges bio de Grèce
gebana: Pourquoi n’avez-vous pas pu vendre vos oranges auparavant à des prix bio ?
Chrysoula Stergiou: Il n’y avait pas d’acheteurs pour les produits biologiques ici. On peut traiter les oranges conventionnelles avec des phytohormones pour qu’elles restent un à deux mois de plus sur l’arbre une fois mûres ; en agriculture biologique, cela n’est pas possible. Ainsi, les négociants venaient exactement quand nos oranges étaient mûres et nous proposaient des prix conventionnels. Nous n’avions pas le choix : soit nous vendions les oranges aux prix de dumping proposés, soit elles tombaient de l’arbre et pourrissaient.
gebana: Qu’est-ce que la vente en tant que produit biologique représente économiquement pour vous ?
Chrysoula Stergiou: L’année dernière, 60 % de nos revenus provenaient des ventes à gebana, bien que cela ne représentait en volume que 40 % de notre récolte. Le prix que nous avons reçu était même supérieur au prix du marché bio. Nous avons investi ces revenus supplémentaires dans l’entretien des champs ainsi que dans des réparations urgentes du tracteur et de la pompe à eau. Nous avons également fait appel à un agronome comme conseiller, qui nous met à jour sur les pratiques de l’agriculture biologique.
gebana: Quelles sont actuellement vos plus grandes préoccupations ?
Chrysoula Stergiou: Une inquiétude constante est la météo : gel, grêle ou chaleur exceptionnelle sont une menace pour nos fruits. Un nouveau problème est le virus Tristeza, qui est arrivé dans l’Argolide via des plants infectés. Les arbres contaminés, certains âgés de plus de 50 ans, doivent être abattus et déracinés, un spectacle triste. Le gouvernement accorde à peine 20 euros d’indemnisation par arbre.
gebana: Quels projets avez-vous pour l’avenir ?
Chrysoula Stergiou: Un investissement important est des éoliennes contre le gel. Elles empêchent la formation de gel au sol en mélangeant l’air plus chaud des couches supérieures avec l’air froid près du sol.
gebana: Et vos espoirs ?
Chrysoula Stergiou: Nous espérons pouvoir continuer à vendre nos oranges longtemps à des prix bio. Et peut-être pourrons-nous, grâce à nos expériences positives, convaincre les agriculteurs des environs de passer à l’agriculture biologique.